02 avril 2011
Les sucettes poussent sur les arbres.
Quand je pense à l’enfance, j’ai la chance d’avoir dans la tête plein de moments magiques, remplis de sourires, de rires, de cabanes faites avec le cousin, de promenades avec ma p’tite cousine, de repas animés avec la famille…Comment faire un choix parmi tous ces moments merveilleux ?
Néanmoins, une part de mon enfance se déroule en Corse, dans le camp de vacances où bossait mon beau-père pendant les saisons estivales.
Figaretto, les pieds dans l’eau, un hâvre de paix où les familles se retrouvaient, été après été, où les voitures n’avaient pas droit d’accès, où on dormait dans la paillotte 314 mais dont on sortait dès le petit matin…Ma copine de vacances, Elisa, et moi, on se retrouvait au bar, autour d’un cacolac (huuuum , le goût du cacolac !) avant de partir sur la plage. Le midi, c’était self, la table des enfants réservée, à moins qu’aujourd’hui on ait l’envie de manger avec nos parents…parents qu’on croisait de temps en temps ici ou là, sur la plage...à l’heure la plus chaude, on allait répéter les spectacles qu’on jouerait, le vendredi soir venu, au spectacle des enfants du camp… Tes parents vont visiter Bonifacio mais tu veux rester ? Pas de souci, les autres parents sont là, la solidarité aussi…
Tous les adultes te connaissaient, te souriaient, te demandaient si t’avais besoin de quelque chose…
Et puis surtout, Figaretto, c’était l’arbre à sucettes. Le vrai, le seul, l’unique…Celui qui se trouvait derrière les cuisines, énorme, gigantesque, altier, avec sur son tronc, des petits trous qui permettaient aux sucettes de pousser, tous les matins. L’arbre à sucettes généreux, qui délivrait, chaque jour, une sucette pour chaque enfant. L’arbre à sucettes qui, on le savait, arrêterait de nous donner notre dose quotidienne de sucre si on prenait la douceur de quelqu’un d’autre…une et c’est tout…L’arbre à sucettes qui fabriquait les meilleures sucettes du Monde, parce qu’elles avaient un goût de magique, un goût de rituel commun, un goût de reviens-y tous les matins...
T’es allée à l’arbre à sucettes ? Non ? je viens avec toi !
Des années plus tard, j’ai appris qui mettait les sucettes là, tous les matins, bien avant que les enfant soient levés…et puis je suis retournée à Figaretto, où l’arbre n’existait plus…
Mais dans mon cœur, les sucettes poussent toujours sur un arbre corse,et l’arbre à sucettes a toujours le goût de l’enfance, du petit paradis des vacances…




Merci!